lundi 11 juin 2007

12h15 Beyrouth Adrenaline - Hala Ghosn et Jalie Barcilon

En 1976, mes parents ont quitté Beyrouth, en se disant qu’ils y reviendraient vite, quand tout serait calmé. J’avais sept mois et la guerre civile a duré quinze ans.
Ils ont choisi de vivre en France, enfant et adolescente, je n’ai connu la guerre que « vue d’ici». Depuis le fauteuil planté devant la télévision, le Liban semblait être un cortège d’horreurs et d’atrocités. Mais quand nos amis, voisins et parents restés là-bas nous parlaient de la guerre, ils le faisaient en riant. Avec beaucoup d’humour et même une certaine douceur. Aujourd’hui, les textes et les spectacles sur la guerre me semblent souvent froids et déshumanisés. À cette froideur médicale, je voudrais opposer des regards plus complexes et plus humains. Je voudrais faire voir et entendre trois points de vue : le regard de là-bas, celui des enfants nés avec le conflit, le regard d’ici, des enfants ayant suivi les évènements par médias interposés, et le regard de l’entre deux, des enfants franco-libanais.Je voulais remonter à cette époque de l’incompréhension, retrouver ce regard de l’enfant exclu des motivations de la guerre, inconscient du danger, vivant la vie comme un jeu, et faisant du monde adulte une vaste fresque absurde. Il s’agit de faire entendre ma génération, à « la génération Beyrouth », qui aujourd’hui a presque trente ans.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Un travail très réussi par une équipe jeune mais convaincante, qui fait saisir la réalité libanaise au grand public, réalité au liban et en France auprès de franco-libanais. On ne peut plus recevoir les informations venant du Liban de la même manière après ce spectacle.
Un spectacle à diffuser et à faire voir en France et en Belgique, et plus loin, absolument.

Anonyme a dit…

Spectacle très prenant, alternant de manière très réussie les moments dramatiques et légers.
Donne une perception de la réalité libanaise impossible à appréhender par la simple écoute des médias.