lundi 11 juin 2007

16h45 Orson or not Orson - Filip Forgeau

Une drôle de chambre
Un lit.
Un homme obèse couché dedans.
Il fume. Cigare sur cigare. En regardant le plafond.
Un plafond de miroirs.
(Orson aimait les plafonds et les miroirs)
Autour du lit, des rails.
Un cercle de rails, comme un travelling circulaire.
Ce n’est pas pour voyager.
Non, l’homme obèse ne voyage plus que dans ses rêves.
Ce n’est que pour filmer son immobilité.
Et la caméra à roulettes tourne autour de lui et de son lit sans roulettes…
Mais parfois, quand il rêve, l’homme obèse se lève et exécute peut-être un petit numéro de claquettes. Parfois aussi, les souvenirs l’assaillent et les fantômes le hantent. Certains viennent même lui rendre visite. Il y a son père, sa mère, Shakespeare et Brecht, Sarah Bernhard, un ou deux producteurs, Rita Hayworth, une maquilleuse, une infirmière, Lady Macbeth et Ophelia…
Il y a lui enfant, aussi. Cloué sur son lit sans roulettes, entouré de tous ses fantômes, l’homme obèse fait le tour du monde comme il ferait le tour de sa chambre.
Un petit tour du monde entre théâtre et cinéma…

1 commentaires:

olivier140869 a dit…

Un spectacle exceptionnel, à la hauteur du personnage évoqué. Tout y est le rêve, la folie, la démesure, la poésie et surtout la solitude d'Orson. Welles était visionnaire doublé d'un solitaire entouré de fantômes. Dans cette pièce, ils sont tous là, avec lui.
Les trois comédiens qui interprètent les nombreux rôles, sont tout simplement parfaits.
Si vous aimez le théatre et le cinéma, alors ne perdez pas une minute et allez vite vous enfermer, l'espace d'une représentation, dans la chambre noire. Vous y serez en bonne compagnie.

Encore une réussite pour la manufacture !

A l'année prochaine.

Olivier