Un soir, mon père est rentré en disant :
- C’est fini, j’arrête l’usine, je me barre.
On a rigolé. Ça fait dix ans qu’il dit ça.
- C’est fini, j’arrête, j’en ai marre d’être pris pour un con.
- Il te reste plus que dix ans à tirer, tu peux bien aller jusqu’à la retraite,
- pourquoi tu fais des histoires, a dit ma mère.
Et il a arrêté son métier de soudeur. J’ai trouvé ça tellement courageux.
Je me suis rendu compte que je ne m’étais jamais demandé ce qu’il avait fait pendant ces 35 dernières années.
Je me suis souvenu qu’à l’école, en face de profession des parents, je mettais
« employé d’usine », parce que j’avais honte d’écrire OUVRIER.
Autour du monde ouvrier, la petite et la grande histoire se rencontrent, pour des récits puisés auprès de ceux qui les ont vécus.
Nicolas Bonneau aime à se glisser dans la peau de ses personnages, passant du comédien au conteur, du narrateur au citoyen. Un univers où se mêlent chroniques sociales et évènements fantastiques, ville et campagne, petites et grandes Humanités.
Au croisement de l’écriture, du collectage et de l’oralité, il conte comme on réinvente sa vie, là où la réalité se dispute avec l’imaginaire et où démêler le vrai du faux est un combat perdu d’avance.
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2 commentaires:
Un spectacle vraiment touchant, très humain... Bravo
Celà a fait résonner mon histoire personnelle.
Très beau récit.
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